Redécouvrir Balzac Au Theatre De Poche
En descendant dans la salle en sous sol du Theatre De Poche Montparnasse, on vous installe sur votre portion de banc. Cet environnement modeste peut initialement vous amener à vous demander : « Est ce que j’aime vraiment autant le théâtre ? Qu’est ce que je fais ici ? » Cependant, ce qui suit est une merveilleuse surprise. Pierre Olivier Mornas et Alice d’Arceaux livrent une performance et accomplissent tout le travail scénique pour créer une expérience théâtrale qui rivalise avec tout ce que vous pourriez voir dans des salles plus grandes et mieux financées.
La production porte Petites Miseres De La Vie Conjugale sur scène à Paris. Les deux acteurs incarnent les personnages de Caroline et Adolphe. Ces deux figures servent d’archétype du couple marié. La pièce montre leurs querelles quotidiennes et décortique les aspects spécifiques de leur relation.
Ces excellents acteurs prouvent que les budgets de plusieurs millions ne sont pas le seul moyen de créer du grand théâtre. Leur jeu est superbe et l’adaptation de l’œuvre d’Honoré de Balzac montre une compréhension et une appréciation profondes du texte original.
Adaptation d’Honoré de Balzac
Pierre Olivier Mornas a créé cette adaptation en combinant deux œuvres majeures de l’auteur. Il a fusionné des passages de Petites Miseres De La Vie Conjugale et Physiologie Du Mariage. La pièce conserve l’ironie piquante et l’humour de Balzac concernant la vie conjugale. La mise en scène s’organise autour de plusieurs moments distincts de la vie domestique.
Ces scènes individuelles expliquent comment les disputes quotidiennes commencent pour des broutilles. La création lumière d’Alireza Kishipour aide à définir les transitions entre ces différents moments domestiques.
Les Textes Originaux
Balzac a écrit Physiologie Du Mariage en 1829 et a publié Petites Miseres De La Vie Conjugale en plusieurs parties au cours des quinze années suivantes. Il a abordé le thème du mariage avec l’œil d’un observateur cataloguant ses frictions quotidiennes. Il a observé la société bourgeoise de Paris et a vu le mariage principalement comme un contrat financier et social.
Balzac lui même est resté célibataire pendant presque toute sa vie et a entretenu de nombreuses liaisons avec des femmes mariées. Ces relations lui ont donné un accès direct aux plaintes des épouses insatisfaites. S’il y a un équivalent de l’auteur dans la pièce, c’est le cousin d’Adolphe, Ferdinand, l’amant qui se charge de rendre Caroline heureuse.
Les Performances
Pierre Olivier Mornas ressemble incontestablement à Balzac. Cette ressemblance ajoute une atmosphère intime et authentique à la salle. On a l’impression que l’auteur lui même est présent sur scène pour livrer ses propres observations.
L’interprétation de Mornas en mari trompeur et ennuyé est pleine d’authenticité. Son langage corporel et ses expressions faciales réagissent parfaitement à la performance passionnée et physique de d’Arceaux dans le rôle de Caroline. Les deux acteurs délivrent le langage complexe de l’auteur très clairement.
Mornas équilibre efficacement son travail d’acteur avec son rôle de metteur en scène. Leur représentation humoristique de la vie commune met en évidence les dynamiques de pouvoir changeantes du foyer et la compétition constante pour avoir le dernier mot.
Dans un détournement délicieux, la belle mère est brillamment jouée par une lampe de table. Ce détail pourrait provenir de contraintes budgétaires ou simplement être un choix de casting brillant.
Conclusion
Cette performance offre un regard vif et lucide sur le couple marié. La pièce sert de guide utile pour les personnes mariées et d’exutoire humoristique pour les célibataires. Elle invite le public à rire, à réfléchir et peut être à se reconnaître dans les luttes quotidiennes de Caroline et Adolphe.
Mais plus important encore, Pierre Olivier Mornas et Alice d’Arceaux nous ont aidés à redécouvrir l’œuvre de Balzac et la puissance du théâtre intime.
